Instaurer la confiance dans la collaboration BIM


(fmz) #1

Image: designbuildlab.org

Créer les conditions d’une vrai espace de collaboration

La plateforme est « plus qu’une solution de gestion de projet ou de gestion de document » un vrai espace de collaboration, c’est-à-dire un espace où le travail se fait et non un espace où l’on remet son travail et où l’on vient éventuellement chercher des instructions.

Pour cela il ne faut pas hésiter à donner des accès au maximum de personnes possibles, en respectant évidement quelques principes de droit d’accès par entités/acteurs. En créant cet espace de discussion ouvert et aussi transdisciplinaire que possible, on favorise des rapports de confiance pair à pair.

Cette confiance doit permettre d’éviter les phénomènes de rétention d’informations et permettre la création d’un espace de travail plus transparent entre les acteurs. C’est cette évolution des méthodes de travail dans un espace virtuel qui sera la source du changement.

Casser les habitudes de travail en silos dominantes dans la filière de la construction et fluidifier les rapports humains est un enjeu fondamental pour l’évolution de la filière.

La plateforme comme tiers de confiance

Pour favoriser l’établissement de ces conditions, la plateforme peut aussi agir comme un tiers de confiance numérique, c’est à dire un « acteur du développement de la confiance dans le monde numérique, qui intervient dans la protection de l’identité, des documents, des transactions et de la mémoire numérique ».

La plateforme leader Aconex l’a bien comprise en mettant en valeur le problème d’un acteur qui aurait des droits supérieurs aux autres (super-administrateur). Cette plateforme a bâti sa réputation sur le fait de garantir à chaque participant le contrôle, la propriété légale ainsi que la manière de partager ses données. A contrario, elle garantit aussi que chaque participant puisse accéder à l’ensemble des données du projet pendant une durée de temps légale.

La mise en œuvre de tels processus ne pourra surement se réaliser que par la modification des contrats comme pour l’utilisation de la maquette numérique, la plateforme venant renforcer les implications de l’adoption d’un processus BIM.
L’utilisation d’un outil numérique avec des utilisateurs identifiés implique le traçage des actions de chacun.

Des questions liées aux données qui devront se préciser

Si cela est un apport en transparence, cela pose aussi des questions de respect de la vie privée des utilisateurs :

  • Une entreprise pourrait-elle utiliser ces données pour s’en servir contre une autre : défaut de présence sur la plateforme, diffamation, …
  • Une entreprise pourrait-elle utiliser ces données contre un salarié : faute professionnelle enregistrée sur plateforme, temps de présence, …
  • Un maitre d’ouvrage pourrait-il utiliser ces données contre son maitre d’œuvre : obligation de moyen, retard, …

Les utilisateurs étant nommés et possédant le plus souvent un profil avec des informations personnelles il faudra bien veiller à la manière dont sont utilisées les données par la plateforme et pour les entreprises à se conformer aux recommandations de la CNIL pour le respect des droits de leurs salariés.

Dans la limite du respect de la vie privée il faudra tout mettre en œuvre pour faciliter des conditions de transparence qui permettront, une fois les premières réticences des utilisateurs levées et les nouvelles habitudes prises, d’établir un climat de confiance favorable à développer des externalités positives.


(Sébastien Lucas / Future Architect) #2

Bonjour,

Merci pour cet article. Effectivement il me semble que la question de la confiance est fondamentale pour libérer les utilisations et le partage.

Les acteurs du monde du monde du BTP sont souvent très (trop) prudents en terme de communication et de partage avec le reste de l’équipe : entreprise, maîtres d’ouvrages mais aussi utilisateurs finaux.

Néanmoins communiquer au fils de l’eau via une plateforme, est aussi le meilleur moyen de détecter les problèmes en amont et de générer de la confiance via une communication transparente. En gros si on dit ce que fait et tout ce qu’on fait est visible, la méfiance se lève.

Ceci est vrai aussi avec de gros acteurs comme Google qui en adoptant les valeurs de l’open source…ont réussi à changer leurs images. Google partage en ce moment ces recherches en Iintelligence artificielle directement sur github ce qui permet à tous de voir ce qu’ils font et d’en profiter.

Une dynamique similaire pourrait exister dans le BTP et être poussée par de gros acteurs, si ils le voulaient.


(Sébastien Lucas / Future Architect) #3